Dos
Mal de dos: pourquoi rester couché ne règle rien
Camille RuffieuxLecture: 4 minutes
Le réflexe est compréhensible: on a mal, on s’allonge. Sauf qu’au-delà de deux jours, le repos complet ralentit la guérison. Voici ce qui marche à la place.
Huit personnes sur dix ont mal au dos au moins une fois dans leur vie. Dans la très grande majorité des cas, il ne s’agit ni d’une hernie, ni d’une usure irréversible, mais d’un épisode douloureux qui se calme en quelques semaines. Ce qui change la durée de cet épisode, c’est surtout ce que vous faites pendant les premiers jours.
Deux jours de repos, pas davantage
Quand la douleur est vive, s’allonger soulage. C’est normal, et c’est même utile le premier jour. Le problème arrive ensuite: un dos immobile se raidit, les muscles perdent en endurance très vite, et la douleur au moment de se relever donne l’impression que quelque chose s’est aggravé. Rien ne s’est aggravé, le corps a simplement perdu l’habitude du mouvement.
La règle que nous donnons au cabinet est simple: dès le deuxième jour, on se lève, on marche dix minutes, plusieurs fois par jour. On accepte une douleur qui reste supportable, autour de trois ou quatre sur dix, et qui redescend dans l’heure qui suit.
Ce qui aide vraiment
- Marcher tous les jours, même court, même lentement.
- Changer de position toutes les trente minutes au bureau, plutôt que chercher la position parfaite.
- Continuer à travailler si c’est possible, quitte à adapter les tâches lourdes pendant une semaine.
- Appliquer du chaud sur les muscles contractés, quinze minutes, deux à trois fois par jour.
- Reprendre une activité qui vous plaît, la douleur diminue plus vite quand on bouge pour autre chose que pour se soigner.
Quand consulter sans attendre
Certains signes demandent un avis médical rapide: une douleur qui descend dans la jambe au-delà du genou avec une perte de force, une perte de sensibilité entre les cuisses, une difficulté à uriner, une fièvre, ou une douleur qui suit une chute importante. Ces situations sont rares, mais elles justifient un appel au médecin le jour même.
Ce que nous faisons en séance
La première séance dure 45 minutes. Nous cherchons quels mouvements déclenchent la douleur et lesquels la soulagent, nous testons la mobilité de la colonne et des hanches, et nous regardons comment vous vous baissez pour ramasser un objet. Le traitement combine ensuite un travail manuel pour lever les blocages et des exercices actifs pour redonner de la force. Vous repartez de la première séance avec deux exercices, pas dix: ceux que vous ferez vraiment.
Pour un épisode simple, six à neuf séances suffisent en général. L’objectif n’est pas seulement de faire passer la douleur, mais de vous laisser un moyen d’agir quand elle revient.
Cet article donne des repères généraux. Il ne remplace pas un examen: en cas de doute, parlez-en à votre médecin ou appelez le cabinet.